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Immobile... L'immobilité, ça dérange le siècle.
C'est un peu le sourire de la vitesse,
et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.
Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti...
C'est vraiment con, les amants.
Il n'y a plus rien
....
Camarade tranquille, camarade prospère,
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi ?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d'Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu'un dans ton lit,
Si tu y trouves quelqu'un qui dort
Alors va-t-en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas
Si c'est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée
Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope
ou une crise de nerfs...
Tu pourras lui dire :"T'as pas honte de t'assumer comme ça
dans ta liquide sénescence.
Dis, t'as pas honte ?
Alors qu'il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?
Espèce de conne !
Et barre-toi !
Divorce-la
Te marie pas !
Tu peux tout faire :
T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur,
pour la conservation du titre...
Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !
Il n'y a plus rien
...
Sous les pavés il n'y a plus la plage
Il y a l'enfer et la Sécurité.
Notre vraie vie n'est pas ailleurs, elle est ici
Nous sommes au monde, on nous l'a assez dit
N'en déplaise à la littérature
Les mots, nous leur mettons des masques,
un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà!
Il n'y a plus rien... plus, plus rien
Je suis un chien ?
Perhaps !
Je suis un rat
Rien
Avec le coeur battant jusqu'à la dernière battue
Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage
dans la tête des gens :
Apprends donc à te coucher tout nu !
Fous en l'air tes pantoufles !
Renverse tes chaises !
Mange debout !
...
Assois-toi sur des tonnes d'inconvenances
et montre-toi à la fenêtre
en gueulant des gueulantes de principe
Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte
et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes
et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien
Il n'y a plus rien... plus, plus rien
...
Mes plus beaux souvenirs sont d'une autre planète
Où les bouchers vendaient de l'homme à la criée
Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes...
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons !
Côte à l'os pour deux personnes, tu connais ?
Heureusement il y a le lit : un parking !
Tu viens, mon amour ?
Et puis, c'est comme à la roulette : on mise, on mise...
Si la roulette n'avait qu'un trou, on nous ferait miser quand même
D'ailleurs, c'est ce qu'on fait !
Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances
de ne pas se faire mettre...
Et ils mettent, ils mettent...
Le drame, dans le couple, c'est qu'on est deux
Et qu'il n'y a qu'un trou dans la roulette...
Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir
Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé
Elle était belle comme la révolte
Nous l'avions dans les yeux,
dans les bras dans nos futals
Elle s'appelait l'Imagination
Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l'enterra de mémoire
Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit !
Transbahutez vos idée comme de la drogue...
Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches
Tout dans la tronche !
- Vous n'avez rien à déclarer ?
- Non.
- Comment vous nommez-vous ?
- Karl Marx.
- Allez, passez !
...
La mue ça se fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras outrepassé ta vision
Alors tu verras "rien"
Il n'y a plus rien
Les révolutions ? Parlons-en !
...
Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas ?
Et les "vauriens" qui vous amusent,
ces "vauriens" qui vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers
pendant que vous enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.
Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures,
de peur qu'on vous montre du doigt,
dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise :
"Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles !
...
Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd'hui,
c'est que votre bâtardise à vous
est sanctionnée par le code civil
Sur lequel, avec votre permission,
je me plais à cracher,
avant de prendre congé
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien
Il n'y a plus rien
Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes
dans les yeux des filles,
...
Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout
Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos documents publics
De vos règlements d'administration pénitentiaire
De vos décrets
De vos prières, même
Tous ces microbes...
Soyez tranquilles,
Nous avons déjà des machines pour les révoquer
NOUS AURONS TOUT
Dand dix mille ans.
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Motionless... Immobility disturbs our century.
It's a bit the smile of speed,
And speed, it does not smile much these days.
Sea lovers go to Brittany or Tahiti.
Lovers. What a fucking stupid thing!
There is nothing left
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Quiet comrade, prosperous comrade,
When you go back home
Why Home?
When you go back to your box, rue d'Alesia or rue du Faubourg
If you find someone in your bed,
If you find someone sleeping there
Then, walk away in the sparkling morning
Alone
Don't get married
If it is your wife who's there, wake her up from her vivid death
Give her a slap in the face, as you would if she was having a fit or a nervous breakdown
You could tell her:
'Hey, aren't you ashamed to let yourself drift into your liquid senility?
How dare you when there are ninety thousand species of flowers?'
Stupid cow!
And then, fuck right off!
Divorce her
Don't get married!
You can do whatever you want.
Let yourself be crushed, for the honour,
so that you can keep your title...
Disorder is order without power!
There is nothing left
...
Beneath the harsh reality there is no tomorrow
Only hell and Security
Our true life is here, not somewhere else
It may displease Literature
but it's not as if we hadn't been told many times before:
We are alive!
We take words and mask and gag them
Encyclopaedias can keep them!
As we take our screams to the coffin!
This is it!
There's nothing left, nothing at all
Am I a dog?
Perhaps!
I am a rat
Nothing
With a heart that will beat until the very last beat
We arrive with our appliances to do the housework
in people's head
Learn to sleep naked!
Throw away your slippers!
Turn the chairs upside down!
Eat standing up!
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Sit on a ton of improprieties
Show your face at the window and scream your guts out
just for the sake of it
If you ever feel that your rebellion becomes stuck in a rut,
nothing more than a habit,
Go out
Walk
Breathe
Fuck
Learn to love the trees, the animals, and turn your back on conformity and difference
Leave these ideas behind, in case they are only ideas
Nothing is worth the trouble.
Absolutely nothing.
There is nothing left. Nothing at all.
...
My most beautiful memories are from another planet
Where butchers sold Man at auction
I am from the railway species that watch the cows passing by
If we didn't eat the cows, the sheep or remains
We wouldn't know the cows, the sheep or remains
All things considered, we are brought up to be eaten raw
Let's have a feast, then!
A steak made of bones for two, heard of that stuff?
Fortunately, there is the bed: a car park!
Are you coming, my love?
And then, it is like the Russian roulette: we bet, we bet...
Had the roulette only one number, we would still be asked to bet
Besides, we already do it anyway!
I understand the players: they have thirty five chances of not being fucked over.
Therefore, they fuck and they fuck and they fuck again and again...
The drama, in the couple, is that we are two
And that there is only one winning number in the roulette...
When I see a couple in the street, I cross the road!
Don't get married
Don't vote
Otherwise you are stuck
She was as beautiful as the Revolt
She was in our eyes,
our arms, our pants
She was called Imagination
She was sleeping like a dead girl; she looked like she was dead
She was sleeping lightly
We buried her from memory
Hey kid, you must fill the Molotov cocktail with Martini!
Shift your ideas like smuggled drugs. There are no risks at the border
You're empty handed
Nothing in your pockets
Everything in your head!
- Nothing to declare?
- No.
- What is your name?
- Karl Marx.
- Okay, then!
...
A voice must break in reverse in this inventive world
You will pick up your girly voice again and sing Tomorrow
Turn your eyes within yourself
When you have gone beyond the wall of the wall
When you have gone beyond your vision
Then you will see "nothing"
There is nothing left
The French Revolution and all the others?
Let's talk about them!
...
For the last two hundred years,
you've bought tickets for revolutions.
You would even be tempted to bring your little basket
In order to fill it to the brim, wouldn't you?
And the 'scum' who entertain you,
the 'rascal' who disturbs you,
you wrap them up in the news items category when you,
on the other hand, wrap 'yours' in a flag
You think that you belong to a stud farm, don't you?
The notion of race makes you feel that you are still alive
in a world that you brought to its knees
You have the style of power
You even end up by talking to yourself
As if you were speaking to your subordinates
Because you are scared of your stature, your inflated image
Because you are scared that people may point their finger at you,
in the corridors of boredom, and that the others might say:
'Hey, he's not top notch, he's going to give in, creep on all fours'
Be quiet!
...
I am a bastard child
We are all bastard children
What separates us, nowadays,
is that your bastardy is ratified by the civil code
I enjoy spitting on,
when I have your permission and just before dying.
Be quiet, you don't risk anything
There is nothing left
And this nothingness, we leave it to you!
Stuff your insides with it all, if you can
For we cannot.
One day, in ten thousand years
When you are not around anymore
We will have EVERYTHING
Nothing from you
Everything from Us
We will have had the time to invent Life, Beauty, Youth
Tears that twinkle like emeralds in girls' eyes
...
We will no longer die from anything
We will live off everything
And the germs of your stupidity
that you will have had the pleasure to leave us, soaring from
Your dung
From your government documents
From your penitentiary system rules
From your decrees
From your prayers, even
All these juridical-lazy germs
Be quiet,
We already have machines to revoke them all
WE WILL HAVE EVERYTHING
In ten thousand years.
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